Название: La méchante femme mise à la raison
Автор: Уильям Шекспир
Издательство: Public Domain
Жанр: Драматургия
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TRANIO. -Mi perdonate9, mon aimable maître; je partage vos sentiments en tout; je suis ravi de vous voir persévérer dans votre résolution de savourer les douceurs de la douce philosophie. Seulement, mon cher maître, tout en admirant la vertu et cette discipline morale, ne devenons pas des stoïques, ni des sots, je vous en prie; ne soyons pas si dévoués aux durs préceptes d'Aristote, qu'Ovide soit entièrement mis de côté. Parlez logique avec les connaissances que vous avez, et pratiquez la rhétorique dans vos conversations journalières; usez de la musique et de la poésie pour ranimer vos esprits; livrez-vous aux mathématiques et à la métaphysique, selon ce que votre estomac pourra supporter; il n'y a point de fruit dans l'étude où il n'y a point de plaisir; en un mot, mon maître, suivez le genre d'étude qui vous plaira davantage.
LUCENTIO. – Grand merci, Tranio; tes avis sont fort sages. – Ah! Biondello, si tu étais arrivé sur ce rivage, nous pourrions faire ensemble nos préparatifs, et prendre un logement propre à recevoir les amis que le temps nous procurera dans Pise. – Mais, un moment, quelle est cette compagnie?
TRANIO. – Mon maître, c'est sans doute quelque cérémonie pour nous recevoir dans la ville.
(Entre Baptista avec Catherine et Bianca, Gremio et Hortensio.)
(Lucentio et Tranio se tiennent à l'écart.)
BAPTISTA. – Messieurs, ne m'importunez pas davantage; vous savez combien ma résolution est ferme et invariable: c'est de ne point donner ma cadette avant que j'aie trouvé un mari pour l'aînée. Si l'un de vous deux aime Catherine, comme je vous connais bien et que j'ai de l'amitié pour vous, je vous donne la liberté de la courtiser à votre gré.
GREMIO. – Plutôt la mettre sur une charrette10… elle est trop rude pour moi. Eh bien! Hortensio, voulez-vous une femme?
CATHERINE, à son père. – Je vous prie, mon père, est-ce votre volonté de me jeter à la tête de ces épouseurs?
HORTENSIO. – Épouseurs, ma belle? Comment l'entendez-vous? Oh! point d'épouseurs pour vous, à moins que vous ne deveniez d'une trempe plus aimable et plus douce.
CATHERINE. – En vérité, monsieur, vous n'avez que faire de craindre: je sais bien qu'on n'est pas encore à mi-chemin du coeur de Catherine. Mais, si l'on en était là, son premier soin serait de vous peigner la tête avec un banc à trois pieds, et de vous colorer la face de façon à vous travestir en fou.
HORTENSIO. – De pareilles diablesses, bon Dieu, préserve-nous!
GREMIO. – Et moi aussi, bon Dieu!
TRANIO, à l'écart. – Silence, mon maître: voici une scène propre à nous divertir. Cette fille est une vraie folle, ou incroyablement revêche.
LUCENTIO. – Mais je vois dans le silence de l'autre la douce réserve et la modestie d'une jeune fille. Taisons-nous, Tranio.
TRANIO. – Bien dit, mon maître; silence, et regardez tout votre soûl.
BAPTISTA. – Messieurs, pour commencer à exécuter la parole que je vous ai donnée… Bianca, rentre dans la maison, et que cela ne te fâche pas, ma bonne Bianca; car je ne t'en aime pas moins, ma mignonne.
CATHERINE. – La jolie petite! – Vous feriez bien mieux de lui enfoncer le doigt dans l'oeil; elle saurait pourquoi.
BIANCA. – Ma soeur, contentez-vous de la peine qu'on me fait. – (A son père.) Mon père, je souscris humblement à votre volonté; mes livres et mes instruments seront ma compagnie; je les étudierai et m'exercerai seule avec eux.
LUCENTIO, à part. – Écoute, Tranio, on croirait entendre parler Minerve.
HORTENSIO. – Seigneur Baptista, voulez-vous donc être si bizarre? Je suis bien fâché que l'honnêteté de nos intentions soit une occasion de chagrin pour Bianca.
GREMIO. – Comment? Voulez-vous donc la tenir en charte privée pour l'amour de cette furie d'enfer, et la punir de la méchante langue de sa soeur?
BAPTISTA. – Messieurs, arrangez-vous; ma résolution est prise. – Rentrez, Bianca. (Bianca sort.) Et comme je sais qu'elle prend beaucoup de plaisir à la musique, aux instruments et à la poésie, je veux faire venir chez moi des maîtres en état d'instruire sa jeunesse. – Si vous, Hortensio, ou vous, seigneur Gremio, en connaissez quelqu'un, amenez-le moi; car, j'accueillerai toujours les hommes de talent, et je ne veux rien épargner pour donner une bonne éducation à mes enfants. Adieu! – Catherine, vous pouvez rester; j'ai à causer avec Bianca.
(Il sort.)
CATHERINE. – Comment? mais je crois que je peux m'en aller aussi: ne le puis-je pas à mon gré? Quoi! on me fixera des heures? comme si, vraiment, je ne savais pas bien moi-même ce qu'il convient de prendre, ou de laisser. Ah!
(Elle sort.)
GREMIO. – Tu peux aller trouver la femme du diable; tes qualités sont si précieuses que personne ne veut de toi. L'amour qu'elles inspirent n'est pas si ardent que nous ne puissions souffler ensemble dans nos doigts, Hortensio, et le rendre nul par l'abstinence; notre gâteau est à moitié cuit des deux côtés. Adieu! Cependant, pour l'amour que je porte à ma douce Bianca, si je peux, par quelque moyen, rencontrer l'homme qui convient pour lui montrer les arts qu'elle chérit, je le recommanderai à son père.
HORTENSIO. – Et moi aussi, seigneur Gremio. Mais un mot, je vous prie. Quoique la nature de notre querelle n'ait jamais souffert les longs entretiens, apprenez aujourd'hui, sur bonne réflexion, que c'est à nous, dans la vue de pouvoir encore trouver accès auprès de notre belle maîtresse, et d'être heureux rivaux dans notre amour pour Bianca, à donner tous nos soins à une chose surtout…
GREMIO. – Qu'est-ce que c'est, je vous prie?
HORTENSIO. – Ce que c'est? C'est de trouver un mari à sa soeur aînée.
GREMIO. – Un mari? Un démon plutôt.
HORTENSIO. – Je dis, moi, un mari.
GREMIO. – Et moi, je dis un démon. Penses-tu, Hortensio, que, malgré toute l'opulence de son père, il y ait un homme assez fou pour épouser l'enfer?
HORTENSIO. – Tout beau, Gremio. Quoiqu'il soit au-dessus de votre patience et de la mienne d'endurer ses importunes clameurs, il est, ami, dans le СКАЧАТЬ
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