Rose d'amour. Alfred Assollant
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Название: Rose d'amour

Автор: Alfred Assollant

Издательство: Public Domain

Жанр: Зарубежная классика

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СКАЧАТЬ nous avons payé le propriétaire, le boulanger, le beurre, les légumes et les pauvres habits que nous avons sur le corps, jugez s’il nous reste grand-chose et si nous pouvons faire bombance.

      Et ce n’est rien encore quand on vit seule ou qu’on n’a pas des enfants à élever et des parents infirmes à soutenir ; mais s’il faut élever les enfants (et peut-on les laisser seuls avant l’âge de douze ans ?) et travailler en même temps, l’argent du ménage sort presque tout entier de la poche du mari.

      Pour moi, qui n’avais ni parents à soutenir, puisque mon père était encore droit et vigoureux, ni enfants à élever, je me trouvais encore l’une des plus riches et des plus favorisées de l’atelier. Quoique la besogne que nous faisions ne fût pas des plus propres, et que parmi la laine et la poussière il y eût bien des occasions de se salir, je savais m’en garantir, et mon bonnet toujours blanc et noué avec soin sous le menton faisait l’envie de mes camarades. « Rose-d’Amour fait la coquette, disait-on ; Rose-d’Amour a mis des brides bleues à son bonnet ; Rose-d’Amour veut plaire aux garçons. » Et le contremaître de la fabrique commença à me parler d’un ton plus doux qu’à toutes les autres, et à me faire des compliments sur mes beaux yeux, et à me dire qu’il m’aimait de tout son cœur, et qu’il ne tiendrait qu’à moi d’avoir de plus belles robes et de plus beaux fichus que pas une fille de l’atelier, et enfin à vouloir m’embrasser publiquement, par forme de plaisanterie.

      Là, madame, je me fâchai. Je ne puis pas dire que ses premiers compliments m’eussent fait de la peine, car enfin l’on est toujours bien aise d’entendre dire qu’on est jolie, surtout quand on n’a pas eu souvent occasion de l’entendre ; et franchement, excepté Bernard, les garçons ne m’avaient pas gâtée jusque-là par leurs louanges. Mais quand je vis où le contremaître voulait en venir, je fus indignée de sa conduite, et lorsqu’il m’embrassa, je le repoussai fortement, ce qui l’obligea de s’asseoir brusquement sur un sac de laine pour se garantir de tomber en arrière, et, comme on dit chez nous, les quatre fers en l’air.

      Ce commencement, qui aurait dû le décourager, ne fit que l’exciter davantage. Le contremaître, madame, était un gros homme de quarante ans, laid comme les sept péchés capitaux, qui était marié, qui sentait l’eau-de-vie et qui était horriblement brutal. Très souvent, par pure plaisanterie, il nous donnait des coups de poing dans le dos, ou des coups de pied, ou des tapes sur l’épaule à assommer un bœuf. Ensuite il riait de toutes ses forces. Encore ne fallait-il pas se plaindre, car il était alors tout prêt à recommencer ; et si l’on se plaignait au fabricant, il ne faisait qu’en rire, disant que cela ne le regardait pas et que nous saurions toujours bien nous accommoder avec le contremaître, et qu’il ne fallait pas tant faire les renchéries, et toutes sortes de choses que je ne vous rapporterais pas, tant elles sont difficiles à croire.

      Cependant, grâce au ciel, j’aurais encore assez bien supporté ses bourrades ; mais pour ses caresses, madame, c’était à n’y pas tenir. Comme il savait par les autres filles de l’atelier l’histoire de mes amours avec Bernard, – car le pauvre Bernard avait pris tous ses camarades pour confidents, et ne leur avait rien caché, excepté ce que j’aurais voulu oublier moi-même, – il commença à me dire que Bernard ne reviendrait jamais, qu’il en conterait à toutes les filles qu’il pourrait rencontrer, qu’il était parti pour l’Afrique, et que dans ce pays-là nos soldats ramassaient les moricaudes au boisseau, qu’il n’y avait qu’à se baisser et prendre, que Bernard n’était certainement pas homme à faire autrement que les autres, que j’en serais pour mes frais de fidélité, et qu’il était bien dommage qu’une fille aussi jolie et aussi aimable que moi fût perdue pour la société.

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