Plus fort que Sherlock Holmès. Марк Твен
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Название: Plus fort que Sherlock Holmès

Автор: Марк Твен

Издательство: Public Domain

Жанр: Зарубежная классика

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СКАЧАТЬ qui s'emportent en paroles et se laissent même aller aux voies de fait quand leur patience est à bout et que la coupe déborde. Quelques personnes compatissantes voulaient venir en aide au malheureux Fetlock et l'engageaient à quitter Buckner; mais le jeune homme accueillit cette idée avec un effroi mal dissimulé et répondit qu'il ne l'oserait jamais.

      Pat Riley insistait en disant :

      – Quittez donc ce maudit harpagon et venez avec moi. N'ayez pas peur, je me charge de lui faire entendre raison, s'il proteste.

      Fetlock le remercia les larmes aux yeux, mais se mit à trembler de tous ses membres en répétant qu'il n'oserait pas, parce que Flint se vengerait s'il le retrouvait en tête à tête au milieu de la nuit. « Et puis, voyez-vous, s'écriait-il, la seule pensée de ce qui m'arriverait me donne la chair de poule, M. Riley. »

      D'autres lui conseillaient: « Sauvez-vous, nous vous aiderons et vous gagnerez la côte une belle nuit. » Mais toutes les suggestions ne pouvaient le décider; Fetlock prétendait que Flint le poursuivrait et le ramènerait pour assouvir sa vengeance.

      Cette idée de vengeance, personne ne la comprenait. L'état misérable du pauvre garçon suivait son cours et les semaines passaient. Il est probable que les amis de Fetlock se seraient rendu compte de la situation, s'ils avaient connu l'emploi de ses moments perdus. Il couchait dans une hutte voisine de celle de Flint et passait ses nuits à réfléchir et à chercher un moyen infaillible de tuer Flint sans être découvert. Il ne vivait plus que pour cela; les heures pendant lesquelles il machinait son complot étaient les seuls moments de la journée auxquels il aspirait avec ardeur et qui lui donnaient l'illusion du bonheur.

      Il pensa au poison. Non, ce n'était pas possible; l'enquête révélerait où il l'avait pris et qui le lui avait vendu. Il eut l'idée de lui loger une balle dans le dos quand il le trouverait entre quatre yeux, un soir où Flint rentrerait chez lui vers minuit, après sa promenade accoutumée.

      Mais quelqu'un pourrait l'entendre et le surprendre. Il songea bien à le poignarder pendant son sommeil. Mais sa main pourrait trembler, son coup ne serait peut-être pas assez sûr; Flint alors s'emparerait de lui. Il imagina des centaines de procédés variés; aucun ne lui paraissait infaillible; car les moyens les plus secrets présentaient toujours un danger, un risque, une possibilité pour lui d'être trahi. Il ne s'arrêta donc à aucun.

      Mais il était d'une patience sans borne. Rien ne presse, se disait-il. Il se promettait de ne quitter Flint que lorsqu'il l'aurait réduit à l'état de cadavre; mieux valait prendre son temps, il trouverait bien une occasion d'assouvir sa vengeance. Ce moyen existait et il le découvrirait, dût-il pour cela subir toutes les hontes et toutes les misères.

      Oui! il trouverait sûrement un procédé qui ne laisserait aucune trace de son crime, pas le plus petit indice; rien ne pressait: mais quand il l'aurait trouvé, oh! alors, quelle joie de vivre pour lui !

      En attendant, il était prudent de conserver religieusement intacte sa réputation de douceur, et il s'efforçait plus que jamais de ne pas laisser entendre le moindre mot de son ressentiment ou de sa colère contre son oppresseur.

      Deux jours avant la matinée d'octobre à laquelle nous venons de faire allusion, Flint avait acheté différents objets qu'il rapportait à sa cabane, aidé par Fetlock: une caisse de bougies, qu'ils placèrent dans un coin, une boîte de poudre explosible qu'ils logèrent au-dessus des bougies, un petit baril de poudre qu'ils déposèrent sous la couchette de Flint et un énorme chapelet de fusées qu'ils accrochèrent à un clou.

      Fetlock en conclut que le travail du pic allait bientôt faire place à celui de la poudre et que Flint voulait commencer à faire sauter les blocs. Il avait déjà assisté à ce genre d'explosions, mais n'en connaissait pas la préparation. Sa supposition était exacte; le temps de faire sauter la mine était venu.

      Le lendemain matin, ils portèrent au puits les fusées, les forets, et la boîte à poudre. Le trou avait à peu près huit pieds de profondeur, et pour arriver au fond comme pour en sortir, il fallait se servir d'une petite échelle. Ils descendirent donc; au commandement, Fetlock tint le foret (sans savoir comment s'en servir) et Flint se mit à cogner. Au premier coup de marteau, le foret échappa des mains de Fetlock et fut projeté de côté.

      – Maudit fils de nègre, vociféra Flint, en voilà une manière de tenir un foret! Ramasse-le et tâche de tenir ton outil! Je t'apprendrai ton métier, attends! Maintenant charge.

      Le jeune homme commença à verser la poudre.

      – Idiot, grommela Flint, en lui appliquant sur la mâchoire un grand coup de crosse, qui lui fit perdre l'équilibre. Lève-toi! Tu ne vas pas rester par terre, je pense. Allons, mets d'abord la mèche, maintenant la poudre; assez; assez! Veux-tu remplir tout le trou? Espèce de poule mouillée! Mets de la terre, du gravier et tasse le tout. Tiens! grand imbécile, sors de là.

      Il lui arracha l'instrument et se mit à damer la charge lui-même en jurant et blasphémant comme un forcené. Puis il alluma la mèche, sortit du puits et courut à cinquante mètres de là, suivi de Fetlock. Ils attendirent quelques instants: une épaisse fumée se produisit et des quartiers de roche volèrent en l'air avec un fracas d'explosion; une pluie de pierres retomba et tout rentra dans le calme.

      – Quel malheur que tu ne te sois pas trouvé là-dedans, s'écria le patron.

      Ils redescendirent dans le puits, le nettoyèrent, préparèrent un nouveau trou et recommencèrent la même opération :

      – Regarde donc ce que tu fais au lieu de tout gaspiller: Tu ne sais donc pas régler une charge ?

      – Non, maître !

      – Tu ne sais pas? Ma foi! je n'ai jamais rien vu d'aussi bête que toi.

      Il sortit du puits et cria à Fetlock qui restait en bas :

      – Eh bien! idiot! Vas-tu rester là toute la journée! Coupe la mèche et allume-la !

      Le pauvre garçon répondit tout tremblant :

      – Maître, je ferai comme il vous plaira.

      – Comment? tu oses me répondre, à moi? Coupe, allume, te dis-je !

      Le jeune garçon fit ce qui lui était commandé.

      – Sacrebleu, hurla Flint; tu coupes une mèche aussi courte… je voudrais que tu sautes avec…

      Dans sa colère, il retira l'échelle et s'enfuit.

      Fetlock resta terrorisé.

      – Oh! mon Dieu! mon Dieu! au secours! Je suis perdu, criait-il. Que faire? que faire ?

      Il s'adossa au mur et s'y cramponna comme il put: le pétillement de la poudre qui s'allumait l'empêchait d'articuler un son; sa respiration s'arrêta, il était là sans force et inerte; encore deux ou trois secondes, et il volerait en l'air avec les blocs de pierre. Une inspiration subite lui vint. Il allongea le bras, saisit la mèche et coupa l'extrémité qui dépassait d'un pouce au-dessus du sol; il était sauvé! Il tomba à moitié évanoui et mort de peur, murmurant avec un sourire sur les lèvres :

      – Il m'a montré! Je savais bien qu'avec de la patience, j'y arriverais !

      Cinq minutes après, Buckner se glissa furtivement au puits, l'air gêné et inquiet, et en examina le fond. Il comprit la situation et vit ce qui était arrivé; il descendit l'échelle. Fetlock put remonter malgré son grand affaiblissement et son émotion. Il était СКАЧАТЬ